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Arriérés de loyers commerciaux : Guide pratique pour les locataires commerciaux 

11-05-2026

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En tant qu'associé senior spécialisé dans le contentieux au sein du cabinet Ronald Fletcher Baker LLP, je suis régulièrement confronté à des cas d'arriérés de loyers commerciaux et à des litiges liés à la violation de baux commerciaux. 

Le secteur de l'immobilier commercial est soumis à de fortes pressions financières, et pour de nombreuses entreprises, le loyer représente la principale charge fixe. Lorsque la trésorerie se resserre et que les arriérés de loyer commencent à s'accumuler, la situation peut dégénérer à une vitesse alarmante. Contrairement aux baux résidentiels, les baux commerciaux offrent aux bailleurs un arsenal puissant de recours pouvant être mis en œuvre rapidement, souvent sans qu'une décision de justice soit nécessaire. 

Pour un locataire commercial, il est essentiel de bien comprendre le cadre juridique et les mesures concrètes à sa disposition pour limiter les dommages. Ce guide explique ce qui se passe en cas de retard de paiement du loyer et comment un locataire commercial doit gérer cette situation de crise afin de protéger son activité. 

Comprendre les moyens dont dispose le propriétaire 

Lorsqu'un locataire ne paie pas son loyer à la date d'échéance, il est susceptible d'être en situation de manquement au bail. La plupart des baux commerciaux modernes prévoient un “ délai de grâce ” — généralement de 14 ou 21 jours — avant que le bailleur ne puisse recourir à certaines mesures “ d'auto-exécution ”. Une fois ce délai écoulé, le bailleur dispose de plusieurs options. 

1. Résiliation du bail 

La déchéance est sans doute la mesure la plus redoutée. Elle permet au bailleur de résilier le bail et de reprendre possession du bien immobilier. En cas d'arriérés de loyer, le bailleur dispose généralement d'un droit de “ reprise de possession pacifique ”. Cela implique généralement qu’un huissier de justice agréé pénètre dans les lieux, souvent aux petites heures du matin, et change les serrures. 

Il est important de noter qu’en cas d’arriérés de loyer, le bailleur n’est généralement pas tenu de signifier un avis au titre de l’article 146 (l’avis d’avertissement standard pour les autres manquements au bail). Si le bail le permet et que le délai de grâce est écoulé, le bailleur peut agir immédiatement. Une fois les serrures changées, le droit du locataire d’occuper les lieux prend fin, ce qui peut avoir des conséquences catastrophiques pour la continuité de l’activité. 

2. Recouvrement des arriérés de loyers commerciaux (CRAR) 

La procédure CRAR est une procédure légale qui permet aux bailleurs de charger des huissiers de justice de pénétrer dans les locaux et de saisir des biens à hauteur du montant de la dette. La procédure CRAR est régie par des règles strictes : 

  • Le loyer doit présenter un retard de paiement d'au moins sept jours. 
  • Le propriétaire doit donner un préavis de sept “ jours francs ” avant l'arrivée de l'huissier de justice. 
  • Seuls le “ loyer pur ”, les intérêts et la TVA peuvent être récupérés de cette manière (les charges et les assurances sont exclues, sauf si elles sont considérées comme faisant partie du loyer dans le bail). 
  • Certains biens, tels que les “ outils de travail ” d'une valeur maximale de 1 350 £, sont exemptés de saisie. 

3. Prélèvement sur la caution locative 

Si un locataire a versé un dépôt de garantie au début du bail, le bailleur peut simplement prélever les arriérés sur ce dépôt. Bien que cela permette de régler immédiatement la dette, la plupart des contrats de location exigent que le locataire “ reconstitue ” le dépôt de garantie à son montant initial dans un délai court. Le non-respect de cette obligation constitue une nouvelle violation du contrat de location. 

4. Mises en demeure et insolvabilité 

Un bailleur peut signifier une mise en demeure pour des arriérés de loyer incontestés supérieurs à 750 £ (pour les sociétés) ou à 5 000 £ (pour les particuliers). Il s'agit d'une mise en demeure formelle exigeant le paiement dans un délai de 21 jours. Si le locataire ne s'acquitte pas de sa dette, le bailleur peut utiliser cette mise en demeure comme preuve d'insolvabilité pour demander une ordonnance de liquidation ou une procédure de faillite, ce qui menace de fait l'existence même de l'entreprise. 

5. Mesures concrètes à prendre sans délai par les locataires 

Si vous vous trouvez dans l'incapacité de vous acquitter de vos loyers, le silence est votre pire ennemi. Une gestion proactive est le seul moyen d'éviter les mesures coercitives mentionnées ci-dessus. 

Étape 1 : Communication précoce 

N'attendez pas que le propriétaire vous adresse une mise en demeure officielle. Contactez-le ou son gestionnaire dès que vous constatez un retard de paiement. Les propriétaires préfèrent généralement avoir un locataire qui paie plutôt qu'un logement inoccupé, surtout sur un marché instable. 

Lorsque vous prendrez contact, préparez-vous à : 

  • Expliquez la cause du problème de trésorerie (par exemple, baisse saisonnière, retard dans l'exécution d'un contrat). 
  • Assurer la transparence financière, notamment par le biais de comptes de gestion, afin de démontrer que l'entreprise reste viable. 
  • Proposez une solution réaliste. 

Étape 2 : Proposer un plan de paiement 

Évitez de faire des promesses que vous ne pourrez pas tenir. Envisagez plutôt de proposer une “ réduction de loyer ” structurée ou une “ lettre d'accompagnement ”. Voici quelques options possibles : 

  • Une réduction temporaire du loyer ou un gel des loyers. 
  • Passer de paiements trimestriels (qui peuvent peser sur la trésorerie) à des paiements mensuels. 
  • Un plan de paiement différé dans le cadre duquel les arriérés sont remboursés par versements échelonnés jusqu'à la fin de l'année. 

Étape 3 : Formaliser les accords éventuels 

Si le bailleur accepte d'accorder une concession, veillez à ce qu'elle soit consignée par écrit. Un accord verbal est difficile à faire respecter et peut donner lieu à des litiges par la suite. Une lettre d'avenant officielle doit préciser si la concession vous est personnellement accordée ou si elle s'applique à l'ensemble du bail, et si le bailleur se réserve le droit de résilier l'accord en cas de non-paiement d'une seule échéance. 

Le risque lié à la “ renonciation ” 

Les locataires doivent connaître la notion de “ renonciation ”. Si un bailleur prend une mesure qui reconnaît la poursuite du bail après la survenance d'un arriéré de loyer — par exemple, en réclamant le loyer à venir ou en envoyant un huissier de justice pour saisir des biens —, il peut “ renoncer ” à son droit de résilier le bail pour ces arriérés spécifiques. 

À l'inverse, les bailleurs se montrent souvent très prudents lorsqu'il s'agit d'accepter des paiements partiels de loyer pour cette raison. Si un bailleur refuse un paiement partiel, c'est souvent pour préserver son droit de résilier le bail dans son intégralité. 

Protéger votre position 

Si le pire devait arriver et que le bailleur résilie le bail de plein droit en changeant les serrures, tout n’est pas nécessairement perdu. Les locataires commerciaux ont le droit de saisir le tribunal pour demander une “ levée de la résiliation de plein droit ”.” 

Le tribunal dispose d’un large pouvoir d’appréciation pour rétablir le bail et autoriser le locataire à réintégrer les lieux. En règle générale, si le locataire est en mesure de payer l’intégralité des arriérés, des intérêts et des frais de justice du bailleur, le tribunal accordera une mesure de redressement afin d’éviter que le bailleur ne tire un “ profit inattendu ” de la reprise du bien. Toutefois, cette demande doit être introduite “ dans un délai raisonnable ” — idéalement dans les six mois, mais le plus tôt sera le mieux. 

L'importance des conseils d'un professionnel 

Gérer les arriérés de loyer relève d'un exercice d'équilibre délicat, où les enjeux sont considérables. Une seule erreur peut entraîner la perte de vos locaux et la saisie de vos biens. Le conseil juridique ne se limite pas aux procédures judiciaires ; il passe aussi par la négociation et la stratégie. 

Nous pouvons examiner votre bail afin d’y repérer d’éventuelles “ clauses de résiliation ” qui pourraient vous permettre de résilier le contrat avant terme, ou des “ clauses de cession ” vous autorisant à sous-louer des locaux afin de réduire vos coûts. Nous avons également l'habitude de mener les négociations délicates avec les avocats du bailleur afin de garantir que tout plan de paiement soit juridiquement solide et protège vos intérêts. 

Conclusion 

Les arriérés de loyer constituent une menace sérieuse, mais ils ne signifient pas nécessairement la fin de votre entreprise. En prenant la mesure des pouvoirs dont dispose le bailleur, en communiquant dès les premiers signes de difficulté et en sollicitant l’avis d’un professionnel du droit, de nombreux locataires parviennent à surmonter leurs difficultés financières et à conclure un accord viable qui permet à leur entreprise de survivre et, à terme, de prospérer. 

Si vous craignez de ne pas pouvoir payer votre loyer, ou si votre bailleur a déjà pris des mesures, contactez-nous dès aujourd'hui pour discuter des solutions qui s'offrent à vous et préserver l'avenir de votre activité. 

Avocats spécialisés dans les litiges immobiliers commerciaux – contactez-nous 

David Burns, associé principal spécialisé en contentieux au sein du cabinet Ronald Fletcher Baker LLP, possède une vaste expérience dans le traitement des litiges liés aux arriérés de loyer commercial et aux violations de baux commerciaux. Pour toute question à ce sujet, veuillez contacter David Burns par e-mail à l'adresse D.Burns@rfblegal.co.uk ou par téléphone au 0207 467 5751. 

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David Burns

Associé principal en charge des litiges

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