Une décision récente de la Haute Cour a examiné la manière dont une succession pouvait être gérée lorsqu'un bénéficiaire ne répond pas aux administrateurs de celle-ci.
Dans le cas de Nicola Anne Lowe contre Lucy Daniells [2025] EWHC 3297 (Ch), le reliquat de la succession avait été légué à la petite-fille du défunt. Les notaires chargés de l'administration de la succession lui avaient écrit à plusieurs reprises au cours des sept dernières années, lui demandant de coopérer aux vérifications d'identité qu'ils devaient effectuer pour lui verser ce reliquat. Bien que l'avocat lui ait expliqué qu'une somme importante lui était due, la petite-fille a insisté sur le fait que ce n'était pas le cas et n'a pas fourni les documents nécessaires.
En raison de son refus persistant de coopérer, les avocats ont demandé au tribunal de leur indiquer la marche à suivre pour mener à bien la liquidation de la succession. Le testament prévoyait que, si la donation à la petite-fille était invalidée, le reliquat reviendrait à deux autres bénéficiaires. Si le comportement de la petite-fille pouvait être interprété comme un renoncement à la donation, les avocats pourraient alors verser le reliquat aux bénéficiaires de substitution.
Le tribunal a estimé que, les bénéficiaires de substitution n'ayant pas été cités en justice, il n'était pas opportun de se prononcer sur l'existence d'une renonciation. Reconnaissant toutefois que les avocats devaient pouvoir mener à bien la liquidation de la succession, le tribunal a exposé les deux options possibles :
- Autoriser le représentant personnel à verser le reliquat au tribunal ; si les bénéficiaires de substitution souhaitaient le réclamer, ils pourraient intenter une action contre la petite-fille.
- Rédiger une ordonnance Benjamin afin de permettre au représentant légal de distribuer le reliquat aux bénéficiaires de substitution et de le dégager de toute responsabilité personnelle envers la petite-fille si celle-ci venait à réclamer ce reliquat à l'avenir. La petite-fille conserverait toutefois la possibilité de faire valoir ses droits pour récupérer le reliquat auprès des bénéficiaires de substitution.
Il a finalement été décidé que la procédure de Benjamin était la meilleure solution.
Il incombe au représentant légal de prendre toutes les mesures raisonnables pour identifier et localiser les bénéficiaires légitimes et de procéder à la répartition de la succession conformément au testament ou aux règles de succession ab intestat. Toutefois, si ces mesures n’ont pas encore été prises, il n’est toujours pas possible de procéder à la répartition de l’ensemble de la succession ; le tribunal peut être disposé à rendre une ordonnance afin de faciliter l’achèvement de la liquidation successorale.
Dans certains cas, il est possible d'éviter les frais liés à une procédure judiciaire en procédant à la distribution de la succession aux bénéficiaires identifiés, à condition que ceux-ci fournissent une garantie au représentant personnel ou qu'une assurance couvrant les bénéficiaires manquants soit souscrite. Une autre solution pourrait consister à déposer les fonds auprès du tribunal. Ces mesures permettraient toutes au représentant personnel de répartir la succession sans craindre d'être tenu personnellement responsable du paiement si un bénéficiaire manquant venait à se manifester ultérieurement.
Lors de la gestion d'une succession dans laquelle certains bénéficiaires sont introuvables ou non identifiés, il est important de solliciter l'avis d'un professionnel afin de protéger les exécuteurs testamentaires contre d'éventuelles réclamations. Notre service Clientèle privée est à votre disposition pour vous aider ; vous pouvez le contacter au 020 7613 1402 ou privateclient@rfblegal.co.uk.