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Comment gérer les contenus diffamatoires sur l'internet ou les médias sociaux ?

15-11-2022

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Les réseaux sociaux ont révolutionné notre façon de communiquer, mais ils peuvent aussi constituer un terrain propice à la diffamation. Ursula Van Hezel, avocate spécialisée dans la gestion de la réputation, explique les mesures à prendre lorsqu'une personne est victime de diffamation en ligne.

La diffamation est un délit civil qui porte atteinte à la réputation d'une personne aux yeux des membres sensés de la société en général (Sim c. Stretch [1936] All ER, p. 1240 – Lord Atkin)

Une fois qu'une déclaration a été qualifiée de diffamatoire, elle peut être classée soit comme diffamation écrite (libel), c'est-à-dire une déclaration diffamatoire sous une forme permanente, soit comme diffamation verbale (slander), qui englobe les formes de diffamation non permanentes.

Les médias traditionnels, qu'il s'agisse de la presse écrite ou de l'audiovisuel, sont élaborés par des journalistes et font l'objet d'une vérification des faits ainsi que d'un contrôle juridique. Le contenu est ensuite publié dans un nombre limité de titres, et le lectorat est restreint par le tirage des publications imprimées traditionnelles.

En ce qui concerne les médias audiovisuels, les propos diffamatoires tenus lors d'une émission en direct sont assimilés à de la diffamation écrite, car ils revêtent un caractère permanent (article 166, paragraphe 1, de la loi de 1990 sur la radiodiffusion).

Étant donné que les publications sur Internet et les réseaux sociaux sont souvent diffusées de manière autonome, elles ne bénéficient pas du contrôle de qualité dont font l'objet les médias traditionnels (presse écrite et audiovisuelle) et ne sont généralement pas soumises aux contraintes habituelles en matière de vérification des faits et d'examen juridique.

La première étape pour traiter un contenu diffamatoire en ligne consiste à déterminer si ce contenu est effectivement diffamatoire. L'article 1 de la loi de 2013 sur la diffamation (“ DA 13 ”) dispose qu'un “une déclaration n'est diffamatoire que si sa publication a causé, ou est susceptible de causer, un préjudice grave à la réputation du demandeur”. Cela a été interprété comme signifiant que, selon la prépondérance des probabilités, la publication avait causé, ou était susceptible de causer, un préjudice grave à la réputation. Les tribunaux examineront toutes les circonstances pertinentes tant avant qu’après la publication ; par conséquent, la preuve d’un préjudice à la réputation est essentielle (Lachaux c. Independent Print Ltd [2015] EWCH 2242 (QB), confirmé par la Cour suprême, voir Lachaux c. Independent Print Ltd [2019] UKSC 27). Si une entreprise ou un organisme commercial est victime d’un contenu diffamatoire, il doit démontrer une perte financière grave (article 1, paragraphe 2, de la DA 13).

Parmi les exemples de propos diffamatoires, on peut citer, sans s'y limiter, les allégations de malhonnêteté, d'incompétence, de comportement illégal ou de difficultés financières ou conjugales. 

Une fois qu'il a été établi que le contenu est diffamatoire, il convient de consulter les conditions d'utilisation du site Internet ou de la plateforme de réseaux sociaux, car celles-ci précisent les démarches à suivre pour signaler un contenu illicite.

Toute personne lésée par un contenu diffamatoire en ligne peut signaler ce contenu via les canaux de signalement mis en place par le site Internet ou le réseau social concerné.

La responsabilité pour les contenus diffamatoires publiés sur les réseaux sociaux et en ligne ne se limite pas à l'auteur de ces contenus. Elle peut s'étendre au fournisseur d'accès à Internet, à l'exploitant du site web ou à l'employeur.

L'exploitant d'un site web peut bénéficier de la défense prévue à l'article 5 de la loi de 2013 sur la diffamation (DA 2013), à condition qu'il ne soit ni rédacteur en chef, ni auteur, ni éditeur commercial. Cette défense n'est pas applicable si l'auteur de la déclaration diffamatoire ne peut être identifié et si l'exploitant du site web n'a pas respecté la procédure de conformité prévue par le règlement de 2013 sur la diffamation (exploitants de sites web).

Si le signalement du contenu diffamatoire via les canaux de signalement du site s'avère inefficace, l'étape suivante consiste à rédiger une demande de retrait qui devra être adressée à l'exploitant du site web.

Enfin, les exploitants de sites web exigent généralement que les utilisateurs s'inscrivent et fournissent certaines informations lors de la procédure d'inscription, telles que leur nom, leur adresse et leur adresse e-mail.

Si un plaignant potentiel a besoin d'obtenir les coordonnées d'une personne se cachant derrière un pseudonyme en ligne et d'identifier l'auteur de contenus diffamatoires anonymes, il peut, en Angleterre et au Pays de Galles, demander une ordonnance Norwich Pharmacal (NPO) afin d'obtenir la réparation appropriée.

Pour que le tribunal accorde une telle mesure, il faut d'abord qu'un préjudice ait été causé à la personne qui en fait la demande, et que l'intervention de l'organisation à but non lucratif soit nécessaire pour permettre d'intenter une action contre l'auteur du préjudice.

Enfin, la personne visée par la demande d'ordonnance de protection doit avoir été impliquée d'une manière ou d'une autre dans l'infraction, même à son insu, et être en mesure de fournir, sur ordonnance du tribunal, les informations nécessaires permettant d'identifier l'auteur réel de l'infraction. Le tribunal n'accordera l'ordonnance de protection que si cela s'avère proportionné au regard de l'ensemble des circonstances.

Il s'agit d'une démarche utile si un plaignant potentiel souhaite ensuite intenter une action en diffamation devant les tribunaux, car elle permet d'identifier l'auteur de l'infraction. Il convient toutefois de prendre en considération les conséquences financières avant de s'engager dans cette voie. Sauf circonstances exceptionnelles, le demandeur devra non seulement prendre en charge ses propres frais de procédure, mais sera également susceptible de devoir payer les frais engagés par le défendeur pour se conformer à l'ordonnance, ainsi que les frais de justice de ce dernier. Il convient de noter que ces frais peuvent, en fin de compte, être récupérés dans le cadre d'une action intentée contre l'auteur principal de l'infraction.

Pour plus d'informations, veuillez contacter Ursula au 020 7467 5750 ou u.vanhezel@rfblegal.co.uk

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